Que penser de tout ça ?

 
Anonymous1689539, le 11/8/2017
Il y a deux semaines j'ai échappé de peu à la mort. C'est bizarre même en l'ennonçant ainsi je ne suis toujours pas convaincu par la gravité de la situation...
Retour en arrière :
Le 26 octobre au matin j'entre à la maternité pour déclencher mon deuxième accouchement car j'ai dépassé le terme. Arrivée au milieu de l'après-midi on me perfuse un banal antibiotique, c'est le protocole vu que mes dernières analyses ont révélé la présence d'une bactérie indésirable.
Et là ça part en live ! Choc anaphylactique (je n'étais pas connue allergique, j'avais même eu une perfusion de ce même antibiotique un mois plus tôt aux urgences). Arrêt respiratoire, réanimation, césarienne en extrême urgence sous anesthésie générale, bébé réanimé à son tour mais vite stabilisé. En ce qui me concerne en ouvrant pour la césarienne on découvre une hémorragie massive, 2 artères en vrac, ils mettront plus de 3 heures à me stabiliser suffisamment pour être transportée vers un autre hôpital disposant du matériel pour me réparer. Transfusions multiples. Tout ce temps je suis endormie je me réveille au moment de mon transfert.
La suite est plus heureuse, prise en charge efficacement je suis réopérée dans la soirée, rapatriée le lendemain auprès de ma fille (elle même avait été transféré dans un 3ème établissement disposant de la néonatalogie adaptée à son Cas). On s'en tire plutôt bien, pas de séquelle et on rentre à la maison au bout d'une semaine.
Ça c'est mon vécu: j'ai perdu connaissance, je me suis réveillée mal en point mais vivante.
Pour les autres c'est différent: mon mari notamment, a passé de longues heures à me savoir entre la vie et la mort. L'équipe soignante également était sous le choc car ce n'est pas vraiment une complication fréquente d'un accouchement, c'est même extrêmement rare et du jamais vu pour la plupart.
Sauf que moi j'ai pas l'impression d'avoir vécu un truc grave? C'est pas normal non? Ça m'affecte pas plus qu'une grippe alors que ça devrait être traumatisant...

Par ailleurs, je m'interroge beaucoup sur le vécu de ma fin de grossesse: j'arrivais pas à me projeter, c'est comme s'il y avait un mur psychologique qui m'empêchait d'imaginer ce bébé hors de moi. J'ai également plusieurs fois rêvé que mon bébé était mort. Pourtant la grossesse se passait très bien. J'ai mis ça sur le compte des angoisses de fin de grossesse dues aux hormones à l'époque. Et si je n'arrivais pas à imaginer ce bébé c'était sûrement car j'étais déjà bien occupée avec le premier. Sauf qu'aujourd'hui avec la suite de l'histoire, je me demande si mon subconscient aurait pu percevoir des indices ? M'envoyer des signes ?

Je suis une personne profondément athée, pourtant ça fait deux fois que je croise la mort sans qu'elle m'emporte (la première fois j'étais enfant et j'ai survécu indemne à un grave accident de voiture), alors pourquoi ? La chance? Le destin ?

A l'hôpital on m'a vivement recommandé de voir un psy pour "debriefer" cette histoire, mais j'ai pas l'impression qu'un psy puisse répondre à ces questions existentielles, qui probablement n'ont pas de réponse d'ailleurs, mais qui tournent en boucle dans ma tête...
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