Lettre à celui qui m'a ghostée après 14 ans

 
Anonymous1891289, le 4/12/2020
J'avais besoin d'écrire ici pour évacuer ma souffrance, après avoir été lâchement virée du jour au lendemain après 14 années de relation.

"J,

Cette fois-ci, c’est bien la fin. Après avoir fait le mort en janvier et retourné ta veste, tu m’as aujourd’hui supprimé de tes amis facebook. Sans explications, avec la plus grande violence.

Je t’avais laissé la porte ouverte pour que tu t’expliques. Tu n’as pas jugé utile de le faire. Trois mois après m’avoir arraché le cœur, tu m’as définitivement sortie de ta vie. Après 14 années à me chercher, m’attirer à toi puis m’abandonner pour revenir me chercher. Je me rends compte à quel point ton attitude était toxique. Je n’ai pas voulu voir certains signes. Tes silences sur certains sujets. Tes absences. Tes incohérences.

L’année dernière, je t’ai donné toute ma confiance. Je t’ai ouvert mon cœur, mon intimité, confié les détails les plus privés de ma vie. Je croyais en toi, je croyais tes paroles. Je me suis autorisée à te croire, parce que tu me semblais honnête, vrai, sincère et que tu m'assurais de ta droiture.

Tu m’as dit que tu m’aimais depuis 14 ans, depuis le premier jour où tu m’as vue. Toutes ces années ont passé pendant lesquelles tu t’es marié et tu as fait ta vie. On s'appelait de temps en temps. On était amis.
L'année dernière, ton mariage coulait et tu m'as alors avoué tes sentiments. Tu m’as raconté que tu pensais toujours à moi, que tu ne m’avais jamais oublié. Que maintenant qu’on s’était retrouvés, tu ne me lâcherais plus. Que je pouvais compter sur toi et que tu serais toujours là pour moi. Tu savais que j'étais en couple et que j'avais une famille, celle que tu n'avais pas construite à 40 ans.

Sans que je t’aie demandé quoi que ce soit, tu m’as raconté de belles histoires. Tu m’as dit que j’étais la femme parfaite, celle avec qui tu voulais vivre les cinquante prochaines années, qu’il n’y avait que moi, que j’étais une évidence. Et pour terminer cette magnifique histoire, tu m’as dit que tu avais envie d’un enfant avec moi. Que tu n’en avais jamais eu envie avec ta femme et que tu allais la quitter.

Je t’ai cru. Je t’ai cru sur parole. En décembre, j’étais inquiète pour toi. Tu étais triste et moi aussi. Début janvier aussi. Mon couple aussi était en crise, je n'étais pas bien. J’ai commencé à organiser ma séparation. Je n’avais qu’un objectif : te retrouver pour vivre enfin cette belle histoire que nous avions loupée il y a 14 ans.

Mais tu en as décidé autrement. Alors que la veille, tu me promettais de m’attendre, alors que j'avais besoin de toi, tu es devenu soudainement absent. Plus de sms. Plus d’appels. Plus de réponses. Quand j’arrivais à te joindre, tu étais froid et distant. Je ne te reconnaissais plus. Je te l’ai fait remarquer au téléphone mais tu as nié, mettant cela sur la fatigue et le boulot. Encore une fois, je t’ai fait confiance.

En réalité, tu avais décidé de mettre fin à notre relation, subitement, sans aucune explication ni état d’âme. Tu l’avais visiblement préparé plusieurs semaines à l’avance. Quand j’ai réussi à t’avoir au téléphone, tu étais toujours aussi froid. Je t’ai demandé si tu avais volontairement pris tes distances. Tu as d’abord mis ça sur le compte du boulot pour finalement reconnaître que tu voulais « faire un test ». Un test pour t’éloigner de moi. Je ne savais pas que l’amour véritable se testait !
Tu m'as poignardée en plein coeur. Tu m'as trahie.
Quand je t’ai dit que c’était d’une violence extrême, tu ne t’es pas excusé. Tu n’as fait preuve d’aucune empathie. Quand je t’ai demandé, la voix tremblante, si tu m’attendais toujours, tu n’as rien répondu. Un silence éloquent. Et pour seules explications : je ne t’ai pas envoyé suffisamment de photos de moi ! Je ne pouvais pas croire ce que j’entendais. Pas toi.
Toi qui m’avais promis de m’aimer toujours, toi qui disais que j’étais la seule et l’unique. Toi qui m’avais promis que tu prendrais soin de moi, que je pouvais compter sur toi. Notre relation que je croyais unique et exceptionnelle est devenue soudainement affreusement banale.

J'ai pleuré comme jamais. Tu m’as laissée comme on abandonne un chien sur le bord de la route parce qu’il est devenu trop encombrant. Tu m’as arraché le cœur dans la plus grande indifférence. Tu es le plus grand lâche que j’ai croisé en 37 années d’existence.

Tu avais le droit de mettre fin à notre relation, mais pas comme ça. Pas en me manquant de respect. Pas du jour au lendemain après m’avoir promis tes sentiments la veille.

Rien n’excuse ton comportement de gamin capricieux. Rien n’excuse de traiter une femme comme un objet.

Tu t’inventes un personnage plein de valeurs. Tu te disais loyal, droit, honnête, franc. Tu n’es rien de tout ça. Tu te faisais passer pour quelqu’un de courageux derrière ton costume de pompier. Dessous, il n’y a qu’un sale type. Un lâche, un menteur, un abandonnique, un fuyant. Tu m’as fui il y a 14 ans et toute ta vie. Tu disais que tu avais grandi et changé, mais pas du tout. Tu es toujours aussi lâche, aussi irrespectueux, aussi instable. Tu es tout sauf fiable. Tu es tout sauf quelqu’un sur qui on peut compter. Tu n’es certainement pas un homme digne de ce nom.

Tu m’as sorti de ta vie, je t’ai sorti de la mienne. J’ai définitivement effacé tes numéros. Tu ne mérites pas la moindre minute de mon attention. Je me libère de cette relation toxique depuis le début, avec un mec à problèmes qui ne se connaît pas et s’invente une vie pour cacher sa lâcheté intérieure.
Je reprends ma liberté. Va te faire f***, J. Je te plains ainsi que celles qui croiseront ta route."

Je me relèverai et continuerai d'avancer, malgré cette blessure.
Merci de m'avoir lue ! On peut échanger si vous voulez.
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